La facture d’auto-entrepreneur, sans prise de tête (guide 2026)
Facturer est votre acte administratif le plus fréquent — et le plus réglementé. Voici tout ce qu’un auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) doit savoir pour facturer proprement en 2026, y compris ce qui change avec la facturation électronique.
Ce qui rend votre facture spécifique en micro-entreprise
Votre facture obéit aux règles communes à toutes les factures, plus quelques spécificités :
- La mention « EI » : votre nom doit être précédé ou suivi de « EI » ou « entrepreneur individuel » ;
- La franchise en base de TVA : tant que vous ne dépassez pas les seuils, vous facturez hors taxe, sans aucune ligne de TVA, avec la mention exacte : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » ;
- Pas de capital social ni de RCS à mentionner (vous n’êtes pas une société) — mais votre SIREN/SIRET est obligatoire ;
- Si vous êtes artisan avec assurance obligatoire (décennale…) : mentionnez l’assureur et la couverture.
La numérotation : votre point de vigilance n°1
La règle : une séquence chronologique, continue, sans trou. Le format
F-2026-001, F-2026-002… est parfait. Les erreurs qui coûtent cher en contrôle :
- ❌ supprimer une facture (même annulée → émettez un avoir) ;
- ❌ deux factures avec le même numéro ;
- ❌ numéroter « au feeling » ou recommencer à 001 en cours d’année sans logique documentée.
C’est précisément le genre de rigueur qu’un tableur ne garantit pas — et qu’un logiciel applique sans y penser.
TVA : le piège du dépassement de seuils
Tant que votre chiffre d’affaires reste sous les seuils de la franchise en base, zéro TVA. Mais surveillez vos seuils : en cas de dépassement, vous devenez redevable de la TVA dès le 1ᵉʳ jour du mois de dépassement — les factures émises depuis cette date sans TVA devront être rectifiées (avoir + nouvelle facture). Anticipez :
- demandez votre numéro de TVA intracommunautaire au service des impôts dès que le dépassement approche ;
- basculez vos factures en TTC (TVA 20 % pour la plupart des prestations intellectuelles) ;
- mettez à jour vos devis et grilles tarifaires — vos clients pro récupèrent la TVA, vos clients particuliers non.
Échéance, pénalités : protégez-vous dès la facture
Trois mentions font la différence le jour où un client traîne :
- une date d’échéance explicite (« Échéance : 26 août 2026 »), dans la limite des délais légaux ;
- le taux des pénalités de retard ;
- l’indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € (B2B).
Ces mentions sont obligatoires — et ce sont elles qui donnent du poids à vos relances en cas d’impayé.
Word/Excel : la fin programmée
Beaucoup de micro-entrepreneurs facturent encore au tableur. Trois raisons d’arrêter :
- La conformité manuelle : mentions, numérotation, avoirs — chaque facture est une occasion d’erreur à 15 € la mention ;
- Le suivi inexistant : pas de statut « vue / payée / en retard », pas de relance — or la relance méthodique est ce qui fait payer ;
- La facturation électronique : dès septembre 2027, vos factures B2B devront être émises au format structuré via une plateforme agréée. Un fichier Excel imprimé en PDF ne pourra tout simplement plus entrer dans le circuit.
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